39Rostand qui, avant Cyrano, a Ă©crit beaucoup de vers lui-mĂȘme, pas toujours trĂšs bons (il serait dâailleurs intĂ©ressant de pouvoir mesurer la part prise Ă cette crĂ©ation par le poĂšte Rosemonde GĂ©rard : la lĂ©gende prĂ©tend quâelle a Ă©tĂ© la collaboratrice active et inspirĂ©e sans laquelle Rostand, affectĂ© par ses crises de doute, nâaurait peut-ĂȘtre pas abouti ! !) a donc
RosemondeGérard, si elle n'avait pas épousé Edmond Rostand, eût été connue et célÚbre pour sa valeur personnelle; la gloire de son mari a éclipsé sa propre réputation. En a-t-elle souffert en son amour propre d'auteur ? Elle ne l'a point dit. Sans ambition personnelle, elle a semblé toute dévouée à l'art et à la gloire de son mari.
EdmondROSTAND naĂźt Ă Marseille le 1er avril 1868. Issu dâune famille riche, il passe les premiĂšres annĂ©es de sa vie Ă Marseille, puis Ă BagnĂšres-de-Luchon. AprĂšs de brillantes Ă©tudes Ă Marseille, puis Ă Paris, son pĂšre lui fait suivre des Ă©tudes de droit. Une fois sa licence en poche, Edmond se tourne vers lâĂ©criture et la poĂ©sie. En 1890, il se marie avec la poĂ©tesse
Lobjet de la prĂ©sente Ă©tude est dâobserver et de comparer la maniĂšre dont les poĂštes et poĂ©tesses français de la fin de la Belle Ăpoque ont Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©s dans la presse nationale du temps. Notre enquĂȘte se concentre sur les portraits . Lâobjet de la prĂ©sente Ă©tude est dâobserver et de comparer la maniĂšre dont les poĂštes et poĂ©tesses français de la fin de la Belle
Productionscientifique de Rosemonde Gérard Mme Edmond Rostand regroupée par ISIDORE, le moteur et assistant de recherche des sciences humaines et sociales. Votre assistant de recherche en Sciences Humaines et Sociales. D Documents. Documents Collections Sujets. fr . Français (fr) English (en) Español (es) ThÚme. Se connecter Mes bibliothÚques Mon historique
Decette visite, je pense que les enfants retiendront au moins quâEdmond Rostand est le âpĂšreâ de Cyrano de Bergerac et que les vers âCar vois-tu, chaque jour je tâaime davantage, Aujourdâhui plus quâhier et bien moins que demain.â sont extraits dâun poĂšme de Rosemonde GĂ©rard. đ Si vous voulez aller plus loin dans la dĂ©couverte de cette villa, vous trouverez sur le
cnyTQ0n. Le 14 fĂ©vrier, les amoureux ont fĂȘtĂ© Saint Valentin. Je vous ai dĂ©jĂ dit que je nâai pas de jaloux qui ait pris un bail Ă long terme dans mon plumard. Aussi je ne me suis pas sentie concernĂ©e par cette journĂ©e. Mon dernier gigolo Ă©tait bijoutier. Mais quand il mâa offert le pendentif kitch avec la fameuse phrase qui fait fondre les cĆurs des midinettes + quâhier, â que demain en me demandant ma main et tout le reste, je suis partie en courant. Et en plus, Alain Solant, joaillier, nâavait pas du user ses culottes Ă lâĂ©cole. Je vous laisse juge en jetant la photo de ce bijou devant vos yeux effarĂ©s . Mais je ne suis pas lĂ pour Ă©taler ma vie. Revenons donc Ă la culture. Nâoublions pas que ce blog lui est entiĂšrement dĂ©diĂ©. Oserai-je ajouter que ma vie mĂȘme lui est consacrĂ©e. Et tout çà pour vous, mes petits chĂ©ris. Si, si !!! Câest en pensant Ă vous, assoiffĂ©s de savoir, que je me suis posĂ© la question cette phrase qui trĂŽne sur tant de tĂ©tonniĂšres affriolantes, signe de lâamour indestructible qui les unit Ă leur Jules, qui lâa Ă©crite ? Câest une poĂ©tesse oubliĂ©e. Louise-Rose-Ătiennette GĂ©rard, dite Rosemonde GĂ©rard 1866-1953 fut la femme dâEdmond Rostand. Pour son mari, elle accepte dâĂȘtre dans lâombre. Pourtant, on murmure que câest elle qui lui donna la trame de Cyrano de Bergerac. Et puis, ses poĂšmes enchantĂšrent son Ă©poque. Aussi, jâai le grand plaisir de vous livrer in extenso le poĂšme LâĂ©ternelle chanson» dans lequel est glissĂ©e la phrase qui est couchĂ©e sur tant de paires de glandes mammaires de toutes tailles et de toutes formes. Allez , sortez vos mouchoirs et rĂ©galez-vous Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille, Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs, Au mois de mai, dans le jardin qui sâensoleille, Nous irons rĂ©chauffer nos vieux membres tremblants. Comme le renouveau mettra nos cĆurs en fĂȘte, Nous nous croirons encore de jeunes amoureux, Et je te sourirai tout en branlant la tĂȘte, Et nous ferons un couple adorable de vieux. Nous nous regarderons, assis sous notre treille, Avec de petits yeux attendris et brillants, Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille, Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs. Sur notre banc ami, tout verdĂątre de mousse, Sur le banc dâautrefois nous reviendrons causer, Nous aurons une joie attendrie et trĂšs douce, La phrase finissant toujours par un baiser. Combien de fois jadis jâai pu dire Je tâaime » ? Alors avec grand soin nous le recompterons. Nous nous ressouviendrons de mille choses, mĂȘme De petits riens exquis dont nous radoterons. Un rayon descendra, dâune caresse douce, Parmi nos cheveux blancs, tout rose, se poser, Quand sur notre vieux banc tout verdĂątre de mousse, Sur le banc dâautrefois nous reviendrons causer. Et comme chaque jour je tâaime davantage, Aujourdâhui plus quâhier et bien moins que demain, Quâimporteront alors les rides du visage ? Mon amour se fera plus grave et serein. Songe que tous les jours des souvenirs sâentassent, Mes souvenirs Ă moi seront aussi les tiens. Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent Et sans cesse entre nous tissent dâautres liens. Câest vrai, nous serons vieux, trĂšs vieux, faiblis par lâĂąge, Mais plus fort chaque jour je serrerai ta main Car vois-tu chaque jour je tâaime davantage, Aujourdâhui plus quâhier et bien moins que demain. Et de ce cher amour qui passe comme un rĂȘve, Je veux tout conserver dans le fond de mon cĆur, Retenir sâil se peut lâimpression trop brĂšve Pour la ressavourer plus tard avec lenteur. Jâenfouis tout ce qui vient de lui comme un avare, ThĂ©saurisant avec ardeur pour mes vieux jours ; Je serai riche alors dâune richesse rare Jâaurai gardĂ© tout lâor de mes jeunes amours ! Ainsi de ce passĂ© de bonheur qui sâachĂšve, Ma mĂ©moire parfois me rendra la douceur ; Et de ce cher amour qui passe comme un rĂȘve Jâaurai tout conservĂ© dans le fond de mon cĆur. Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille, Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs, Au mois de mai, dans le jardin qui sâensoleille, Nous irons rĂ©chauffer nos vieux membres tremblants. Comme le renouveau mettra nos cĆurs en fĂȘte, Nous nous croirons encore aux jours heureux dâantan, Et je te sourirai tout en branlant la tĂȘte Et tu me parleras dâamour en chevrotant. Nous nous regarderons, assis sous notre treille, Avec de petits yeux attendris et brillants, Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs. Mona pleurĂ© Ă chaudes larmes. Pas vous ? En 1915, Sacha Guitry prĂ©sentait au Théùtre des VariĂ©tĂ©s un film muet de 22 mn intitulĂ© Ceux de chez nous . Le titre a Ă©tĂ© choisi pour rĂ©pondre Ă un manifeste allemand vantant la culture germanique. Le jeune cinĂ©aste y prĂ©sente des images dâAuguste Rodin, MaĂźtre Henri-Robert, Claude Monet, AndrĂ© Antoine, Camille Saint-SaĂ«ns, Edgar Degas, Edmond Rostand, Auguste Renoir, Sarah Bernhardt, Anatole France, Octave Mirbeau⊠En 1939, puis dans sa version dĂ©finitive de 1952, ce film fut sonorisĂ© et Guitry y ajouta des images de son pĂšre. Mais, en pleine exposition Monet », je mâattarderai sur lâextrait consacrĂ© au peintre de gĂ©nie. Sacha Guitry y raconte que ClĂ©menceau, son grand ami, appelĂ© au chevet du mourant, quitta en toute hĂąte sa VendĂ©e pour rejoindre Giverny. Il arriva juste Ă temps pour embrasser son vieil ami⊠CâĂ©tait le 5 dĂ©cembre 1926. Il assista Ă la mise en biĂšre et quand lâhomme des pompes funĂšbres voulut recouvrir le cercueil de Monet du voile noir traditionnel, ClĂ©menceau le lui prit des mains Non, dit-il », et ayant regardĂ© tout autour de lui, il alla Ă la fenĂȘtre, arracha lâun des rideaux de toile fleurie, et lui-mĂȘme, il en recouvrit le cercueil du grand peintre en disant Ă mi-voix Pas de noir pour Monet ! Le noir ce nâest pas une couleur ! ». Existe-t-il plus bel hommage ? Mona pas sure ! Claude Monet
Dans le prologue, on apprend quâĂ Luchon en 1885, Edmond Rostand rencontra un amoureux transis qui lui demanda dâĂ©crire des mots touchants pour une femme, mots quâil reprendrait pour les envoyer Ă sa fiancĂ©e en son propre nom. On devine lĂ quel succĂšs littĂ©raire rĂ©sulta de cet Ă©pisode de la vie de lâĂ©crivain. Luchon compta beaucoup dans la vie de ce dernier puisque câest lĂ quâil rencontra sa future Ă©pouse Rosemonde GĂ©rard, une poĂ©tesse dont certaines, dans les milieux fĂ©ministes, avancĂšrent quâelle fut le nĂšgre littĂ©raire dâEdmond Rostand pour plusieurs de ces Ćuvres. En tout cas Rosemonde GĂ©rard avait trouvĂ© mention de Cyrano de Bergerac en s'intĂ©ressant au chĂąteau de MauviĂšres et elle parla de celui-ci Ă son mari qui ne le connaissait pas. Le rĂ©cit revient sur la jeunesse de lâauteur donc sur les sources provençales de la famille Rostand et se poursuit chronologiquement en Ă©voquant Ă©vĂšnements personnels et productions littĂ©raires. On retourne lĂ dans le Sud-Ouest puisquâil est Ă©voquĂ©e la villa de lâĂ©crivain Ă Cambo-les-Bains achetĂ©e en 1902 dans le dĂ©partement qui sâappelait alors les Basses-PyrĂ©nĂ©es il est devenu les PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques en 1969. Aujourdâhui cette demeure baptisĂ©e "Arnaga" abrite le musĂ©e Edmond Rostand. Des rĂ©ceptions fastueuses s'y auraient dĂ©roulĂ©es Ă partir de 1906 annĂ©e de la fin de la rĂ©novation selon certains; elles participeraient Ă lâengloutissement des revenus de lâauteur. Le contenu de cet ouvrage rĂ©fute ces propos pages 82-83. La Grande Guerre voit Edmond Rostand prendre un soutien patriotique tant par des poĂšmes que des actions auprĂšs des poilus. Ces annĂ©es sont Ă©prouvantes du point de vue sentimental puisquâil perd sa mĂšre et que son couple se disloque, chacun allant voir de son cĂŽtĂ©. Lâauteur est avec notamment Apollinaire, une victime de la Grippe espagnole.
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On peut, dans un amour, garder la foi profonde, La voluptĂ© du soir et la fraĂźcheur du jour Mais ce nâest quâau dĂ©but magique de lâamour Quâon est rĂ©ellement tous les deux seuls au monde. On peut garder lâĂ©toile et lâoiseau qui prĂ©lude Et le jardin qui tremble au bruit vert du rĂąteau Mais la miraculeuse et double solitude, HĂ©las, le temps jaloux nous la reprend bientĂŽt. Et, bientĂŽt, sur la route adorable et profonde, OĂč lâon allait vraiment tous les deux seuls au monde, On sâarrĂȘte⊠on entend dâautres pas⊠dâautres voix⊠Et câest, remplissant lâair dâun Ă©cho qui dĂ©chire Et murmurant des mots quâaucun mot ne peut dire, Le couple des amants que lâon fut autrefois !
Au sommet de notre riche rĂ©pertoire théùtral, il est une piĂšce qui se distingue par son sujet, rarement Ă©voquĂ© Ă longueur d'alexandrins l'appendice nasal. Mais quel nez que ce nez-là » ! Et quel succĂšs pour Edmond Rostand, le pĂšre de Cyrano de Bergerac ! Pourtant cet auteur Ă contre-courant reste trop souvent rĂ©duit Ă une seule Ćuvre. Cent ans aprĂšs sa mort, dĂ©couvrons comment cet homme fragile a rĂ©ussi Ă surmonter son mal de vivre pour illuminer de son originalitĂ© la Belle Ăpoque. Lever de rideau Il Ă©tait ce quâil est, en somme, aujourdâhui plutĂŽt silencieux et concentrĂ© », expliqua plus tard madame Rostand de son fils aĂźnĂ© sur lequel elle n'a cessĂ© de veiller avec attention. Pour ses parents, voir grandir le petit Eddy nĂ© en 1868 dans une maison du sud de la CanebiĂšre est un bonheur de chaque jour. Son pĂšre EugĂšne, administrateur Ă la Caisse d'Ăpargne des Bouches-du-RhĂŽne et poĂšte Ă ses heures, a de l'ambition pour ce garçon qui ne doit pas dĂ©tonner au milieu des puissantes familles marseillaises de son entourage. Le parcours semble tout tracĂ© baccalaurĂ©at en Sorbonne puis diplomatie. Mais le jeune homme n'a de goĂ»t que pour les vers et passe son temps libre au théùtre en attendant cette gloire qui ne va pas manquer de l'appeler. Pour patienter, il peut compter sur Louise-Rose GĂ©rard, jeune fille de la meilleure sociĂ©tĂ© qui prĂ©fĂšre se faire appeler Rosemonde et qui, comme lui, aime Ă taquiner l'alexandrin. Ce couple de rĂȘveurs miĂšvres », comme il aime Ă dĂ©finir le duo qu'il forme avec sa fiancĂ©e, est prĂȘt Ă conquĂ©rir Paris et le monde du théùtre. Sa premiĂšre piĂšce, un vaudeville poussif, Le Gant rouge 1888, est un four saluĂ© par un cruel N'insistons pas ! » dans Le Figaro. Pourtant, ils insistent ce sera Les Musardises 1890 pour lui et Les Pipeaux 1889 pour elle, avec un prix de l'AcadĂ©mie française Ă la clĂ©. En 1890, c'est le mariage suivi de la naissance de Maurice l'annĂ©e suivante, puis de Jean quatre ans aprĂšs. Reste Ă Edmond Ă acquĂ©rir la notoriĂ©tĂ© tant souhaitĂ©e. Ne pas l'aimer, c'Ă©tait impossible ! Sacha Guitry se souvient ici de la surprise qu'il a ressentie lors de sa premiĂšre rencontre avec Edmond Rostand. Je le voyais pour la premiĂšre fois et ma surprise fut trĂšs grande. Pourtant, je savais bien qu'il Ă©tait chauve, qu'il portait un monocle, une cravate qui faisait deux fois le tour de son cou et de petites moustaches dont les pointes Ă©taient relevĂ©es - et mĂȘme j'aurais pu dessiner son profil de mĂ©moire tant ses portraits et ses caricatures avaient Ă©tĂ© reproduits depuis deux ans, depuis la premiĂšre de venait donc ma surprise ? [...] bien plus que son Ă©tonnante cravate, l'homme du jour, le poĂšte que l'on comparait Ă Hugo, celui que dĂ©jĂ guettait l'AcadĂ©mie, Edmond Rostand Ă©tait un jeune charme physique Ă©tait irrĂ©sistible. Il n'Ă©tait pas beau il Ă©tait joli. Petit, trĂšs mince et trĂšs fragile, il attirait. Tout ce que ses Ćuvres contenaient de force et de santĂ©, il paraissait s'en ĂȘtre dĂ©pouillĂ© pour pas l'aimer en le voyant, c'Ă©tait presque impossible bien qu'il ne fĂ»t pas exempt d'un certain ridicule, qui n'Ă©tait dĂ» qu'Ă son excessive Ă©lĂ©gance. Trop de recherches dans son costume et pas assez de trouvailles. En vĂ©ritĂ© il n'Ă©tait ni Ă la page ni Ă l'heure. Il se mettait en redingote le matin, en jaquette le soir et il portait des cols dont la forme datait de plus de dix annĂ©es » Sacha Guitry, Ă BĂątons rompus, 1981. Sous l'aile de la Divine Ce n'est pas si facile dâinscrire son nom Ă la suite de Racine et Hugo la piĂšce suivante de Rostand, Les Deux Pierrots, est refusĂ©e par le doyen de la ComĂ©die-Française sous prĂ©texte⊠qu'il a trop de Pierrots ! ». Les portes de l'auguste institution s'ouvrent finalement en 1894 pour la comĂ©die Les Romanesques qui rencontre un vrai succĂšs auprĂšs des critiques. Ă 26 ans, Paris s'offre enfin Ă lui ! Ă l'heure oĂč le pays se dĂ©chire autour de l'affaire Dreyfus, Rostand n'a qu'un seul soucis qui va jouer sa MĂ©lissinde, la Princesse lointaine 1895 mĂ©diĂ©vale dont est tombĂ© amoureux le troubadour Joffroy Rudel ? Pour cette mauvaise aux yeux puissants », un nom s'impose Sarah Bernhardt. Vedette absolue de l'Ă©poque, la Divine » prend les choses en main, engage Lucien Guitry, supervise les somptueux dĂ©cors installĂ©s dans son propre théùtre de la Renaissance et fait appel Ă un jeune artiste tchĂšque, Alfred Mucha, pour rĂ©aliser l'affiche du spectacle. Cette collaboration, qui aurait dĂ» faire des Ă©tincelles, ne peut rien face Ă l'ennui du public qui se contente d'admirer les rubis censĂ©s couvrir la scĂšne. Ăchec critique et financier, la piĂšce est cependant une Ă©tape capitale dans la carriĂšre de Rostand qui trouve auprĂšs de sa TrĂšs Grande » une alliĂ©e de poids qui va lui ouvrir bien des portes. On commence Ă se presser dans le salon de Rosemonde mais Jules Renard remarque bien que l'Ăąme charmante et trouble » de son ami est en peine. La tristesse est en effet de plus en plus prĂ©sente chez l'Ă©crivain, la tentation de l'abandon de plus en plus forte. C'est de nouveau Sarah, sa reine de l'attitude et princesse des gestes » qui vient Ă son secours en l'obligeant Ă signer une nouvelle piĂšce Ă sa gloire, La Samaritaine 1897. C'est un succĂšs mais Rostand a dĂ©jĂ la tĂȘte ailleurs J'aime bien mieux Cyrano de Bergerac que je suis en train d'Ă©crire » avoue-t-il Ă Renard. Le nez de la gloire Ce Cyrano n'est pas un Ă©tranger pour Rostand qui l'a dĂ©couvert au lycĂ©e, lors de ses Ă©tudes sous la surveillance de Pif-Luisant, le pion. Il connaĂźt tout de cet auteur du XVIIe siĂšcle, philosophe parisien adroit de la plume et de l'Ă©pĂ©e, blessĂ© au siĂšge d'Arras et mort d'avoir reçu un bout de bois sur le crĂąne. Beau sujet d'inspiration ! Rostand en fait un Gascon au nez interminable et Ă la langue bien pendue, poĂšte Ă ses heures et amoureux fou de sa cousine. De l'humour, de l'action, des sentiments... Rajoutez un balcon et un quiproquo, quelques vers admirables et la recette est parfaite ! Pourtant le dramaturge n'y croit pas Pardon, oh ! pardonnez-moi, mon ami, de vous avoir entraĂźnĂ© dans cette dĂ©sastreuse aventure » implore-t-il le soir de la premiĂšre 1897 en allant voir Coquelin. Le comĂ©dien vedette, qui n'a cessĂ© de l'encourager, n'a de son cĂŽtĂ© aucun doute son pays qui pleure encore la dĂ©faite de Sedan va adorer le hĂ©ros enfantin mais brave. Comment ne pas cĂ©der au charme de ce grand frĂšre bienveillant Ă l'oblongue capsule » et au grand cĆur qui cache derriĂšre son sourire ses blessures et humiliations ?... PubliĂ© ou mis Ă jour le 2020-07-07 130502
poÚme de rosemonde gérard à son mari edmond rostand